 L'agenda du groupe | Jeudi 1er Mai
Manifestation noire et rouge pour la lutte des classes
RDV 9h30 devant le Rectorat (92 rue de Marseille)
pour rejoindre la manifestation Unitaire à 10h place Jean Macé
"Pourquoi l'esprit de Mai 1968 leur fait il toujours peur ?"
par le groupe Vivre Libre de la Fédération Anarchiste
Mercredi 14 mai 2008 à 19 h 30
Maison des Passages 44 rue St georges 69005 Lyon Entrée Libre
- Présentation de la soirée
- FILM "Coup pour Coup" (de Marin Karmitz et les ouvrières de l'usine d'Elboeuf - 1972) durée : 1h30
- LECTURES d'extraits du livre "Mondétron" écrits par a.l. Herope (ed. Thélès - 2007)
- BUFFET / BUVETTE + DIAPORAMA MUSICAL : affiches, photos, slogans, chants et musiques engagées de 68 à 2008
- SKETCHS 68 / 2008 par le Compagnie NOIR CLAIR
Dialogues: a.l. Herope Mise en scène: Eric Zobel lire la suite
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| | | « Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme. » Jules Vallès
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|  Sommaire du monde libertaire | Sommaire du Monde Libertaire n° 1512 du 10 au 16 avril 2008 Sur le front des luttes par H. Lenoir, page 5
Les combats en brèves, page 6
Le billet du Peinard et une Autruche, une ! page 7
Le double mauvais sort fait aux Comoriens sans papiers, page 8
Interview de B.-P. Chevalier gréviste des soins contre les franchises médicales, page 9
Le fiasco de l'apprentissage du vivre ensemble à l'école, par B. Defrance, page 12
General Motors spécule, les métallos européens trinquent, page 15
Répression d'anarchistes en Pologne, page 17
Tous propriétaires! de Jean-Luc Debry, présenté par J.-M. Raynaud, page 18
C. Kottelane nous fait l'article du dernier ouvrage de Jean L'Anselme, page 19
Kijû Yoshida, cinéaste politique évoqué par H. Hurst, page 20 Courte narration de l'action NATO Game over, page 21
Bientôt le 1er mai et son Monde libertaire spécial Mai 68, page 21 Anars fédérés dans le Cantal et le Val-de-Marne, Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23
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|  Edito du ML | L'État bourgeois, voici une expression qui paraît désuète mais qui pourtant décrit on ne peut mieux la France moderne que veulent mettre en place les racailles qui nous gouvernent. La guerre sémantique entre « rigueur» et « austérité» – deux mots pour un même principe de sévérité – dans laquelle veulent nous fourvoyer les médiagogues de l'Élysée détourne les commentateurs de l'âpreté des mesures de casse sociale que mettent au points les stratèges du parti au pouvoir. L'appel à la modernisation, à la rationalisation de l'État, cache une privatisation larvée de tous les services publics et un renforcement du contrôle social. Les salops qui nous exploitent n'envisagent même pas de loin que nous pourrions avoir une quelconque capacité politique. La démocratie, pour eux, n'est qu'un jeu dont ils se forcent à respecter les règles. Ils nous gouvernent comme ils jouent au bridge, aux échecs ou au poker, au bluff. Mais ne nous leurrons pas. Il ne suffit pas de renverser l'État bourgeois et le remplacer par un État socialiste, pour que se mette en place l'émancipation des exploités. C'est plus de cent milles euros par Français (des bambins à leurs aïeules) que veulent en moyenne nous piquer les pondeurs du plan draconien de réforme qu'ils veulent nous faire subir ces prochaines années. Les loyers des logements sociaux vont considérablement augmenter pour ceux qui dépassent le plafond de ressources, qui va lui-même être abaissé. Les seniors vont se voir sucrer leur préretraite, et s'il ne trouvent pas de travail, ils verront leurs indemnités de chômage fondre sans dispense de chercher un travail qui leur est de toute façon refusé. On ne peut ici traiter de l'ensemble de cette avalanche de mesures, 166, qui mèneront de plus en plus d'entre nous vers la misère tout en favorisant de mieux en mieux les entreprises. 7 milliards d'économies, voilà qui participera à combler le trou de 15 milliards de cadeaux fiscal que se sont octroyés ces crapules. Au passage, l'État va se centraliser d'avantage pour permettre à son chef de mieux contrôler tous les maillons de la chaîne de pouvoir qui nous entrave. Ce qui est sûr, ce ne sont pas ces 166 mesures spectaculaires qui vont regonfler notre pouvoir d'achat, bien au contraire. Si on n'ajoute à ça les franchises médicales qui excluront de plus en plus de malades de la possibilité de se soigner, on fonce tout droit vers la paupérisation d'une part toujours plus grande de la population. Pour que cette populace accepte le sort qu'ils lui préparent, c'est dès la maternelle qu'ils comptent embrigader les enfants en leur imposant la soumission par le fichage biométrique assortie de sanctions toujours plus lourdes envers ceux qui se rebiffent.
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|  L'Agenda du Monde libertaire | Jeudi 10 avril
Saint-Denis (93) 19 heures. La désobéissance civile: Élaborer un projet d'action non violente. La démocratie de groupe; stratégie et objectifs; élaboration des scénarios; rôles et tâches à ne pas oublier… Avec un atelier d'élaboration de projet. Présentation de Xavier Renou. Soirée organisée par la Dionyversité: Université Travail de St-Denis. site: http://upop-stdenis.1901.org
Vendredi 11 avril
St-Géniès-de-Malgoirès(30) 20 heures. Salle communale Avec Tagada Jones (Hardcore punk), Les Vilains Clowns(Rock Punk), Leituss (Hardcore punk) et Pasteur Guy (Rockab' punk). Sandwiches et boissons sur place Renseignements: 0624849833 (K-zim).12euros Stand Fédération anarchiste.
Samedi 12 avril
Paris et toute la France 14 heures. Devant le ministère de la Santé à Paris et devant les région, Journée nationale contre les franchises: Nous invitons tous les malades à y déposer symboliquement leurs boîtes de médicaments vides à l'appel de Bruno-Pascal Chevallier qui poursuit sa grève des soins. http://www.grevedesoins.fr 0689180177
Paris XIe À partir de 16h30: Forum à la librairie du Monde libertaire autour du numéro de la revue Brèves consacrée aux « retourneurs d'idée », sur les écrivains anarchistes, avec Jacques Vallet et Caroline Granier. 145, rue Amelot, métro Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.
Dimanche 13 avril
Ivry (94) 17 heures à 21 heures: Gala de l'Union pacifiste au Forum Léo Ferré, 11, rue Barbès. Rés.: 0146726468. Avec Yves Le Car, Nadia Finkielman, Les Cousines, Le Bruit qui court, Nathalie Solence et Claude Gaisne, Jules Bourdeaux. PAF: 10 euros.
Mardi 15 avril
Saint-Denis (93) 19 heures. Les prisons: La frustration affective et sexuelle du détenu. Les combats menés en la matière: le n° spécial du CAP en 1976 sur « l'affectivité et la sexualité du détenu », La Guillotine du sexe , en 1978, 1991 et 1998. L'ASPF, en 1985, avec sa revendication du parloir intime. Présentation de Jacques Lesage de La Haye. Soirée organisée par la Dionyversité: Université populaire de St-Denis. Bourse du Travail de St-Denis. site: http://upop-stdenis.1901.org
Jeudi 17 avril
Saint-Denis (93) 19 heures. La désobéissance civile: Passer à l'action. Techniques (corporelles, de bricolage, de communication…) pour ralentir, bloquer, occuper, médiatiser, se protéger face à la justice… Avec des exercices pratiques de blocage. Présentation de Xavier Renou. Soirée organisée par la Dionyversité: Université populaire de St-Denis. Bourse du Travail de St-Denis. site: http://upop-stdenis.1901.org
Paris XIe À partir de 18 heures. 20 ans d' art brut: Jean Granier expose à la librairie du Monde libertaire rue Amelot, M° Oberkampf République ou Filles-du-Calvaire.
Vendredi 18 avril
Ivry (94) 20 heures. Alain Aurenche accompagné par Sylvain Tarrago à la guitare. Forum Léo Ferré.11, rue Barbès, Tél. 0146726468. Métro: Pierre Curie ou Porte d'Ivry. En tramway: Descendre à la station Porte-d'Ivry.
Paris XIe 18 heures. Rencontre autour du livre La Cité du sang, les bouchers de La Villette contre Dreyfus (éditions Libertalia) à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.
Samedi 19 avril
Paris XIe 16h30. Petits et grands sont conviés à une rencontre avec Béatrice Guillemard, pour son roman jeunesse Mon HLM, éditions Chant d'ortie), à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.
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|  Anciens articles du Monde libertaire |
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|  Édito du ML | Miracle et fourberie des statistiques, un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) basé sur les chiffres fournis pars le ministère de l'Intérieur (on n'est jamais si bien servi que par soi-même) indique une décrue des actes racistes et antisémites en 2007. Mais ne réjouissez-vous pas trop vite car ce bilan n'intègre pas les tableaux de chasse du grand veneur Hortefeux et de ses meutes, étant entendu que traquer des étrangers en vue de les expulser ne comporte nulle once de racisme. Rien que de très normal en somme, car si on commence à assimiler le gibier à des humains, nous ne sommes pas sortis de l'auberge n'est-ce pas ? Toujours à propos de chiffres, mais ceux de l'économie cette fois, les indicateurs sont en berne. Le déficit public joue à l'excavatrice, la croissance s'ankylose, le pouvoir des ménages s'érode, pris en sandwich qu'il est entre la stagnation des salaires d'un côté et une inflation qui a des fourmis dans les jambes de l'autre. L'hypocrisie de nos gouvernants atteignant des profondeurs abyssales, l'expression « plan de rigueur » est proscrite. Nos modernes Diafoirus se contenteront (sic) de prescrire des saignées à répétition. Deux dames patronnesses du gouvernement, Martin Hirsh et Christine Boutin disposeront de moins de piécettes pour faire la charité aux pauvres, car la lancette va fouailler furieusement dans la maigre veine qui irrigue le RSA (Revenu social d'activité), tout autant que dans le microscopique vaisseau du logement. Le régime des retraites est en train d'être « remis à plat », autrement dit, les durées de cotisation gonfleront, alors qu'inversement les pensions s'aplatiront. Il est en effet une loi physique qui démontre que les exploiteurs ne manquent pas d'air quand les luttes s'essoufflent. Mais bon, ne pleurnichons pas, consolons nous avec la pitance que nous retrouvons dans nos assiettes. Le groupe agrochimique américain Monsanto, ce si doux bienfaiteur de l'humanité, annonce revoir à la hausse ses prévisions pour l'exercice 2008. N'est-il pas réjouissant de savoir que grâce à la merde que nous ingérons les budgets de la recherche en cancérologie seront soignés aux petits oignons… Bombardés d'OGM bien entendu ? La scène hexagonale vous déprime? Allez, consolez vous, Sarkozy va restaurer la « grandeur» de la France en envoyant 1 000 lobotomisés supplémentaires casser de l'Afghan. Les riches font la bombe pendant que les pauvres les prennent sur la gueule. Il est des menus qui font gerber et provoquent des violentes montées d'adrénaline.
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|  Edito du ML | Edito du Monde Libertaire n° 1510 du 27 mars au 2 avril 2008
Quarante années après mai 1968, on vit toujours une époque formidable… Mais, tristement bien sûr, dans le même sens. Après qu'à l'UIMM (anciennement Maîtres des forges, c'était plus clair) la cheftaine du Medef avait découvert que le roi était nu, une nouvelle botte secrète a été trouvée. Comme les pouvoirs publics font de la géopolitique bas de gamme (rééquilibrage, combien de grammes?) le syndicat unique du patronat fait dans la realpolitik. Pour présider l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie, 20 % des cotisations du Medef), elles et ils ont trouvé un homme de « gauche ». Pas vraiment, mais quand même, Frédéric Saint-Geours a fréquenté du beau monde. Énarque, mais conseiller de Maurois, « dircab» de Fabius, Henri Emmanuelli… De là à surfer sur la vague rose il y a une brasse, mais quand même. C'est la sémillante Laurence qui doit jubiler en son for intérieur. Pour relancer les réformes comme le préconise tout un aréopage, y'a du monde ! Va savoir si, dans les continuateurs détournés de la SFIO, y'en a pas qui voudraient montrer qu'ils peuvent aussi mettre la main à la pâte… C'est toujours le même problème, faut-il gérer les régulations du marché ouoeuvrer pour un autre futur ? Gagner des élections c'est mettre le doigt dans l'engrenage et consolider l'ordre existant. Tant d'efforts pour un tel constat devrait faire réfléchir les partisanes et partisans des élections. Mais, encore une fois, les illusions perdurent. Sinon pour le Tibet, ça ne se bouscule pas trop au portillon pour boycotter les JO de Pékin. Utilité, répercussions politiques… à combien de morts se décide-t-on ? Remettons-en une louche sur les retraites. L'augmentation du nombre d'années de cotisations pour les retraites met encore le doigt où ça fait mal. Les inégalités homme-femme au travail se révèlent dans toute leur crudité. En leur grande majorité, les femmes cotisent moins que les hommes dans leur carrière. L'avenir n'est pas rose pour l'autre moitié du ciel.
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|  Edito du ML | Edito du Monde Libertaire n° 1508 du 13 au 19 mars 2008
Au jour du bouclage c'est la journée des femmes, et internationale la journée ! Heureusement il va rester à l'autre moitié de la population terrienne 364 jours pour s'en remettre. N'empêche c'est sympa cette journée. Ça va faire plaisir aux femmes de Gaza qui se prennent des rockets dans la tronche avec leurs lardons, aux centaines d'épouses violentées et battues par leurs gentils conjoints ou à toutes les salariées sous-payées parce qu'elles ont pas de zizi. Cette journée c'est creux comme si Marie-Chantal singeant les militants, montait sur la table et braillait à l'encan : " et pour les femmes, hip, hip, hip hourrah… ". J'arrête je suis méchant rien que méchant. Pourtant on a tout lieu d'exulter me direz vous : Tête de Fillon nous assène que les chiffres du chômage n'ont jamais été aussi bas depuis la nuit des temps. Fabienne Brutus - mauvais élément de sainte ANPE- va en avoir une attaque. Cette admirable nouvelle-là tombe pile poil avant le premier tour des cipales, dont tout un chacun se contrefout par ailleurs. À part ça, les fumeurs n'en finissent plus de crever d'un cancer bien mérité et continuent de nous emmerder : chassés des beuglants et des troquets, ils s'agglutinent sur les trottoirs de nos villes et empêchent nos bourgeois de dormir : qu'on leur cloue la langue une bonne fois, qu'on les fiche à l'ADN! À part ça (bis), on délocalise, on bastonne, on ferme, on licencie dans nos chères entreprises de droit divin pourvoyeuses de jouets comme Smoby ou de bonbons comme Haribo. Les dollars yankees exportent à coup de bottes et de blindés leur démocratie qui sent la Bourse chez les sioux irakiens et les comanches sud-américains. Notre glorieuse et vaillante police continue à chasser le jeune et l'émigré. C'est la valse des dénonciations, des tasers et des gardes à vue, sur fond de gospel en centres de rétention. L'éthique règne dans le monde des entreprises, on vous dit, telle la main invisible du Marché dans la culotte de Devedjian… Devant tant de cynisme et de félonie, plus que jamais les luttes et la Résistance s'imposent : comme Roger Dadoun la fringale nous prend d'un général boycott, cet autre nom de la Révolution.
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|  Edito du ML | Edito du Monde Libertaire n° 1506 du 28 février au 5 mars 2008
Bon alors, dans cet édito on dirait qu'on parle pas du petit prince-des-cauchemards! C'est vrai, même sans lui, ça rouspète un peu partout dans le monde et en Franchouillie et malgré l'amoncellement d'injustices et de cynisme, Heike Hurst réussit tout de même à nous rapporter une brise rafraîchissante du festival de cinéma de Berlin et des films de jeunes qui défrichent en beauté une abominable réalité. Au Sud, les faibles et les pauvres continuent à se faire affamer, torturer, spolier, torturer, massacrer dans ce que nos descendants de colons appellent le tiers ou le quart monde selon leur échelle de Richter du pillage. Au Nord, les employés, les ouvriers, les cadres, trop naïfs, continuent à être licenciés, délocalisés ou priés d'aller se faire voir dans une autre ANPE édénique… Les enseignants et les étudiants s'échinent à manifester oppositions et analyses lucides au décimage organisé de l'éducation… Les gens de cinéma et les artistes intermittents ou indépendants continuent à dénoncer l'emprise des gros marchands de soupe de spectacles… Tout un petit monde de gueux renaude face au démantèlement des services publics de tous les jours, postes, transports, justice prud'homale etc. Tout cela n'empêche pas leurs gouvernants, parachutés par les puissances de fric et à la tête des démocraties-représentativemon- cul, de s'envoyer par média interposés des congratulations auto-satisfaites. Bien sûr, ce ne sont pas les « oppositions institutionnelles », comme dirait ton prof de Sciences Po, qui veulent et peuvent y changer grand-chose: Le mou et gras saint-parti-socialiste empêtré à justifier les mêmes réformes mais sans en avoir l'air; les veules et calculatrices grosses centrales syndicales coincées entre une représentativité à 7 % et un cupide désir de garder les bonnes places de leurs permanents et qui pour cela s'écrasent mollement face à un Médef déchaîné qui promène en laisse nos fringants politiques. Quant aux municipales…sans commentaires. Gardons un peu de bon sens: tous ces pépiements de salons, de Chambres, de symposiums entre gens-bien lavés n'arrivent pas à couvrir les hurlements désespérés et vains de tous les étrangers, enfants, femmes, jeunes hommes, raflés et parqués tels des bêtes, comme au regretté temps du maréchal, avant d'être renvoyés, avec un bon bâillon démocratique, vers la terre de leurs ancêtres qui se trouve être aussi celle de leurs bourreaux. Pour finir, on avait promis de ne pas en parler, mais on résiste pas : À l'expo d'agriculture not'petit président s'est encore colleté avec un quidam; sa cote baisse jusqu'au trou noir, mais c'est pas grave pour France-inter car Fillon n'a jamais été aussi haut chez les sondés! Vous connaissez la blague du bon et du méchant flic? Vous en voulez encore?
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|  Edito du ML | Edito du Monde libertaire n° 1505 du 21 au 27 février 2008 L'étalonnette a toujours accordé une grande importance aux sondages, étant entendu que ce miroir a pour obligation de lui renvoyer une image aussi belle que celle qu'il a de sa divine personne. Las, le bon peuple manifeste des signes de grande lassitude, du coup, l'homme qui n'aime que lui-même fait un peu moins le faraud. Que faire alors pour carlabruniser les coeurs et restaurer une confiance qui fond comme la banquise au pôle Nord? Ben pardi, réutiliser des recettes éprouvées pour limiter la casse lors des prochaines élections municipales ! D'abord il envoie Fillon, un mec très propre sur lui, mais seulement sur lui précisons-le tout de suite, répéter que la chasse aux étrangers sans papiers ne mollira pas, puisque, en 2008, 26000 humains qui ne sont pas des fils ou des filles de la chrétienne Europe (sic), devront être raflés puis expulsés par le colonel Hortefeux et ses sbires.Au cas où cet engagement ne suffirait pas pour flatter les plus basses pulsions des bouffeurs d'étrangers, l'ami des milliardaires prône un retour de la morale à l'école. Pour pousser droit, euh pardon à droite, les loupiots devront se lever à l'écoute de l'hymne national car cela leur fera un excellent entraînement pour entonner dans la foulée un vibrant « Nicolas nous voilà ! » Ces histoires de culte au drapeau et au petit Timonier restent muettes sur le pouvoir d'achat ? Qu'à cela ne tienne, l'impayable Éric Woerth, ministre du Budget, dit exclure la possibilité d'un plan de rigueur après les élections municipales de mars. Ni TVA, ni CSG ne seront rehaussées, clame le grand corbeau qui a du mal à cacher le subit allongement de son bec. Comme tout irait bien si gober de tels boniments sans moufter ou bien avaler des pilules de Prozac était obligatoire… Ainsi, le quart des salariés du privé qui affirment avoir été victimes de différentes discriminations à cause de leur sexe (21 %), leur nationalité (17 %), leur âge (8 %), leur physique (7 %), verraient la vie en rose ! Mais, décidément, les travailleurs sont des ingrats, nous vous en fournissons un exemple supplémentaire. Michelin annonce un bénéfice net de 35,3 % en 2007 tout en maintenant sa volonté de fermer l'usine Kléber de Toul. Aussitôt le titre perd 1,7 % à la Bourse de Paris car les actionnaires sont déçus de l'insuffisance de la marge (9,8 % au lieu des 10,2 % attendus). Les salariés qui vont bientôt être jetés comme des pneus usés sont furieux, ne seraient-ils pas un peu gonflés ?
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|  Edito du Monde libertaire | Edito du Monde libertaire n° 1504 du 14 au 20 février 2008
La vue d'un kiosque à journaux ou d'un centre de presse rend, en ces jours, dubitatif, voire mélancolique, dans le sens premier du terme. D'un côté on voit le président de la République avec sa nouvelle épousée. De l'autre, des magazines plus sérieux (?) affichent la même bobine élyséenne, en solo, et parlent de « déceptio n, de « ce qui cloche », ça branlerait-il dans le manche ? Ça gamberge dur pour expliquer pourquoi nombre d'électrices et d'électeurs du propriétaire des rênes de l'État se mordent les doigts devant l'étendue du désastre. Il n'est pas besoin d'être anarchiste pour faire la liste des promesses non tenues. Et d'affirmer, encore une fois, que le miroir aux alouettes a fonctionné à merveille et même plus. Villepin et les autres, qui déclaraient urbi et orbi il y a quelque temps qu'ils ne céderaient jamais à la rue, doivent faire leurs choux gras des reculades médiatisées de leur successeur. Taxis, buralistes, fonctionnaires (ma non troppo!), le hamster de l'Élysée veut réparer une partie des bévues commises par son gouvernement. On se demande même pourquoi les syndicats représentatifs ne remettent pas le couvert. Il est vrai que, dernièrement, ils ont à la quasi-unanimité relu La Boëtie ! La baisse de popularité dans les sondages, une «branlée» annoncée pour l'UMP aux prochaines municipales, des dissensions internes, tout ça commence à faire beaucoup de pierres dans le jardin du pouvoir en place. Et, cerise sur le gâteau, le chef de l'État mettant dans l'Est français un masque de syndicaliste ! Qu'on se rassure, ils et elles n'ont pas lâché l'essentiel. Le Code du travail poursuit sa descente dans les oubliettes, la reconnaissance juridique du foetus menace directement le droit à l'avortement… et la ratification du traité de Lisbonne se fait à la nuit tombée.
Autant de raisons pour continuer tous nos combats sans attendre que l'espoir sorte des urnes.!
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|  Edito du Monde libertaire | Edito du Monde libertaire N° 1502 du 31 janvier au 06 février 2008
Avant quand on disait « général » on pensait assez souvent (?) au mécano de ladite locomotive et à la bouille lunaire de Buster Keaton. Maintenant on pensera aussi au lampiste de la Société générale. Piratage informatique, complicités diverses et à tous niveaux, on peut se perdre en conjonctures. Penser aussi que ce n'est que le petit bout del'iceberg et qu'il s'en passe sûrement de bien belles sans que les médias s'en emparent ! Les politiques ont beau « s'irriter », évoquer, histoire de faire peur, le spectre du krach de 1929, les faits sont là : le gouvernement français n'a été prévenu que trois jours après la «forfaiture». Le temps, informatiquement parlant, de gommer des traces et de faire porter le chapeau à un pseudo-hacker ? Va savoir ! Il y a quelque temps il était de bon ton de se gausser de lItalie sous la botte pailletée de Berlusconi. Mais la saga people du chef de l'État français ne fait pas que le bonheur des caricaturistes de notre bel Hexagone. De par le monde ça se gondole aussi. «Nouveau Napoléon », «Président Duracell », ça cartonne dur sur l'image de la fille aînée de l'Eglise. Et notre pouvoir d'achat dans tout ça ? Il a du plomb dans l'aile. On en viendrait presque à se demander où va l'argent des contrats juteux annoncés ça et là. Par contre la société du spectacle, elle, fait recette à guichets fermés. Sinon, côté social ce n'est pas le quart d'échec de la grève des fonctionnaires du 24 janvier qui va beaucoup nous remonter le moral. Il faut bien convenir que les élections municipales prochaines enrayent sérieusement les rouages syndicaux encore existants. Demain on rasera gratis et un monde merveilleux sortira des urnes, tel est le refrain lancinant qui bourdonne constamment à nos oreilles. Au début des années 1970 le Programme commun avait remplacé la lutte des classes dans les statuts des syndicats. Plus de trente ans après, les mêmes illusions perdurent. Pourtant le miroir aux alouettes du libéralisme a fait beaucoup de dégâts dans la gauche parlementaire, pour ne parler que d'elle. Un certain bon sens pragmatique pourrait redonner la priorité à l' «action syndicale ». Mais quand tordra-t-on le cou au léninisme et à la mise en laisse du monde du travail ? Il le faudra pourtant si l'on veut que se profile un autre futur !
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|  Edito du Monde libertaire | Edito du Monde libertaire N° 1501 du 24 au 30 janvier 2008
La guerre des classes fait rage. Si les médias et les soi disant représentants du prolétariat n'en parlent guère, occupés qu'ils sont à préserver leur gamelle et la fumeuse représentation syndicale, le Médef, lui, dévore à belles dents toutes les avancées durement acquises en cent cinquante ans de luttes. Un secteur qui ne chôme pas, c'est le théâtre ! Pas celui des acteurs, metteurs en scène, machinistes et autres intermittents du spectacle, mais bien celui de la poudre aux yeux que notre bienfaiteur suprême nous balance en pleine poire. Les Rolex, Patek-Philips, chaînes en or avec médaillon et autres bimbeloteries s'étalent complaisamment sur la poitrine chétive du cynique matamore bling-bling de l'Élysée. Les robes signées, dont il serait paraît-il indécent de dire le prix, attifent les divas, et autres déesses de la politique-showbizz; autant de camouflets infligés avec morgue à la face des travailleurs, des émigrés, des èrémistes, des chômeurs en fin de droit – bref des gueux que tout ce joli monde considére avec insolence et mépris comme un troupeau bruyant voire odorant, taillable et corvéable à merci aux fins de financer les cadeaux somptuaires largement distribués aux nantis et aux riscophiles de tous poils. Les voyages au bout du monde, les séjours en palais des mille et une nuits, les croisières en yacht, les orgueilleuses et affriolantes histoires de fesses plus ou moins mondaines viennent avec délicatesse nous rappeler de conserver notre rang et de ne pas en faire un pataquès si le prix des denrées de première nécessité a pris 30 pour cent au supermarché du coin plus vite qu'il n'en faut à un chef d'entreprise pour délocaliser au Bengladesch. Nos maîtres à (dé)penser, férus de respect envers les cocasses et exotiques superstitions officielles et si prolixes en leçons de morale (pas beau fumer, boire, pas beau se soigner, profiter de sa retraite, pas beau de ne pas acheter des soldes, pas beau de ne pas être à genoux devant Sainte Croissance, etc.), pour tout dire si fiers de leur réussite sociale et de leur entregent, battent tous les records de vulgarité, de prétentiardise et de cynisme élitiste à la face de ceux qui en bavent, qui crèvent d'angoisse et/ou de faim; de ces otages (vous avez dit otages!) d'un monde mis en coupe réglé par la féroce mondialisation néolibérale du fric et de la violence militaire et flicarde. Ah comme nous aimerions, tel certain poète affamé de la révolution de 1848, discerner dans le silence nocturne des mansardes et des HLM, non pas les bang bang de débiles séries américaines, mais le petit bruit aigre et bien réconfortant des couteaux qu'on affûte !
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|  Edito du ML | L'éditorial du Monde libertaire n° 1487 du 27 septembre au 3 octobre 2007 :
" Bush et Kouchner, va-t-en-guerre sans frontière ", pouvait-on lire la semaine dernière sur une banderole à Washington. C'était Centre d'études stratégiques et internationales.
Kouchner " chef de la diplomatie française " y a été houspillé par des militantes antiguerre. " Dimanche, Kouchner a dépassé Bush ", a déclaré Gaëlle Murphy, une des militantes expulsées par le service de sécurité.
Le pauvre docteur avait beau se déclarer " pacifiste ", la secrétaire d'état Condoleezza Rice l'avait torpillé auparavant en déclarant qu'il n'y avait aucun désaccord fondamental entre Bernard et elle ! à l'élysée, on doit se réjouir que les ralliés du PS (ceux qui ont changé de collier…) apprennent si vite les leçons. Dans les gazettes, on nous apprend même qu'il y a de nouveaux arrivages. Ceux qu'on appelle les " seconds couteaux " rallieraient nombreux les cabinets ministériels du Premier ministre Fillon.
Pourtant ça ne lui réussit pas trop en ce moment. On dit même que sa cote de popularité, tout comme celle du président de la La phrase choc de Fillon (" Je suis à la tête d'un État qui est en situation de faillite financière ") prononcée vendredi dernier en Corse et sa mine renfrognée à la une des journaux ne doivent pas arranger l'affaire. Celui qui a été qualifié par le joggeur suprême de " collaborateur " a choisi sa manière à lui de ruer dans les brancards. Allez parler après de complémentarité entre l'élysée et Matignon !
Sur le front social (sic), on nous promet un réveil unitaire le 18 octobre prochain. Tous unis derrière les cheminots? ça ne se bouscule pas au portillon, ça traîne même des pieds. Les syndicats de fonctionnaires se tâtent encore, d'autres aussi. On va taire les noms, rideau. Nous n'en sommes plus à la préparation du Grand Soir, mais construire l'unité de la classe salariée devrait être sérieusement à l'ordre du jour.
" Pas de passage en force " dans les négociations à venir, déclare Xavier Bertrand (ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité ), " Rien n'est ficelé ", rajoute-t-il. Mais le forcené de l'élysée voudra pousser à la vitesse supérieure !
Pendant ce temps-là, à Belleville à Paris, c'est " la chasse " aux sans-papiers chinois. La riposte dans l'Est parisien est unitaire. Si seulement ce qui reste de syndicalisme pouvait en prendre de la graine...
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|  Le viol discret du Code du Travail | Article du Monde libertaire hors série n° 33 du 27 décembre 2007 au 16 janvier 2008 Chroniques syndicales J-P G
Avant la « trêve des confiseurs », le parlement a tranché. Le code du travail version light a été adopté. Les voix de la gauche parlementaires se sont élevées, mais … Comme l'avait déclaré Gérard Filoche sur Radio libertaire aux « Chroniques syndicales » courant septembre (dont nous transcrivons ci-après la teneur) le débat ne passionne pas les foules : bien sûr aucune « une », à peine quelques lignes et encore, dans les quotidiens d'opinion. La presse financière ne pavoise pas, les « people » non plus. C'est vrai qu'avec les frasques élyséennes, ils et elles ont d'autre grain à moudre. Bon solstice d'hiver quand même. Radio libertaire : Aujourd'hui nous recevons Gérard Filoche pour son livre La vie, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? Ce livre a été édité chez Jean-Claude Cazevich. Le CPE et le CNE ont été deux prétextes à réécritures des 3851 articles du Code du Travail prévu par M. de Villepin. Une commission travaillait depuis août 2005 pour refondre les dizaines de livres du Code en 38 chapitres touchant aussi bien à la doctrine, à la nature du contrat, au CDE, au droit de licenciement, qu'aux détails des droits eux-mêmes dans toutes les branches et les métiers. Il était prévu que des ordonnances seraient votées pour refaire le nouveau Code en août 2006. Le magnifique mouvement social de février/avril aura différé ces ordonnances, mais pour combien de temps ? Le CPE a été retiré, mais qu'en est-il des autres attaques contre le droit social ? Nicolas Sarkozy qui en appelle à la rupture, ne cesse de proclamer qu'il est favorable à la destruction de 120 ans d'acquis sociaux. L'OCDE reproche au gouvernement français d'avoir cédé à « des groupes de pression vociférants » qui auraient empêché de flexibiliser le travail. Le MEDEF, lui, reprochait au CPE de ne pas aller assez loin dans la remise en cause du CDI. Des rapports multiples prônent la précarisation de tous les contrats salariés. « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », explique Laurence Parisot, successeur du baron Sellières à la tête du MEDEF. Elle recommande de la collaboration à la place de la subordination, la flexibilité à la place du licenciement. Le contrat « objectif cinq ans » à la place du CDI, la séparabilité à la place du droit à l'emploi. Le contrat gré à gré à la place du contrat collectif, enfin cette rupture avec notre droit social aura-t-elle lieu ? Le droit du travail est un droit intime qui concerne 16 millions de salariés dans le privé. Cela joue dans leur quotidien, dans leur activité professionnelle, même quand ils ne le savent pas. C'est un droit peu enseigné, peu reconnu, mais c'est un droit décisif. Le bafouer peut mettre des millions de jeunes dans la rue. Il a secoué toute la société française autour du CPE et du CNE et ce n'est peut-être pas fini. Donc le livre de Gérard Filoche est un livre exceptionnel, qui ne plaît pas à bien des radios comme il l'écrit. Il fait l'inventaire des questions du droit du travail, il enquête sur la destruction de 150 ans d'histoire républicaine et sociale de notre pays depuis que le MEDEF selon ses propres termes a nommé à sa tête des tueurs pour mener la guerre aux 35 heures. Alors, Gérard Filoche, que va devenir le Code du travail et cette rupture chère à M. Sarkozy avec notre droit social aura-t-elle lieu ?
Gérard Filoche : Malheureusement les choses sont dans une mauvaise voie, je vais vous le dire et j'essaye de le dénoncer dans tous les médias, mais il y a beaucoup d'embûches …, bref je vous remercie de m'avoir invité ! Il y a un scoop, il y a un nouveau code du travail en France qui a été promulgué le 12 mars dernier par ordonnance suite à une décision du conseil des ministres le 7 mars. Vous ne le savez pas, les Français ne le savent pas, les salariés ne le savent pas, Le Monde n'en a jamais parlé, Libération non plus. Et partout, tous les syndicats se sont prononcés contre, en temps utile, et malgré cela il est promulgué et va s'appliquer pour sa partie juridique le 30 septembre prochain, c'est-à-dire dans quinze jours (l'interview remonte à septembre 2007 NDLR) ; c'est la première fois depuis cent trente ans que le Code du travail existe que cela arrive. Il y a eu une légère recodification, c'est-à-dire un ajustement des numéros des articles en 1973 mais cela n'avait rien touché de fondamental. Tandis que là, ils ont totalement déstructuré le Code du travail entièrement dans une indifférence organisée et avec des méthodes non parlementaires sans concertation et sans débat. Vous allez me dire que ce que raconte Filoche n'est pas possible, qu'on ne peut changer le Code du travail dans ce pays sans que ça se sache ! Eh bien si ! Parce qu'en vérité, il y avait des ordonnances prises en 2001, la bonne intention était de retravailler les textes juridiques pour qu'il n'y ait pas trop de redondance. M. de Villepin a transformé ça en simplification du Code du travail. En 2005, ils devaient tout régler par ordonnance, avec le CPE en mai, juin 2006 ils devaient faire ratifier cela par le Parlement. C'est la victoire contre le CPE qui l'en a empêché. Du coup, des délais étaient dépassés, épuisés pour faire ça. Courant octobre 2006, tout aurait été réglé, donc l'année dernière. Alors ils ont fait une manœuvre, une magouille, ils ont utilisé la loi sur l'intéressement et la participation qui a été adoptée sans grands débats à l'automne dernier par le parlement (15 décembre 2006) publiée au Journal officiel le 30 décembre 2006. Donc je suis sûr que vous l'avez tous lu, car le 30 décembre tout le monde se précipite pour lire le Journal officiel ! Et ils ont introduit un article, n° 57, qui prolonge les délais de l'habilitation pour neuf mois, jusqu'au 30 septembre 2007. Vous voyez comment les choses se passent, pas d'articles, pas d'informations. C'est ce qu'ils appellent un cavalier parlementaire, un article qui parle d'une chose, dans une loi qui parle d'une autre chose ! Donc le premier janvier, ils avaient un délai de neuf mois. A une réunion au Sénat (le 29 janvier) le ministre du travail déclare qu'il faudra tout faire avant la présidentielle. Il y a eu quelques sénateurs qui ont tout de même exprimé leur indignation en disant que ce n'était pas possible. Il a fait un second test devant une commission parlementaire (6 février), tous les syndicats ont grimpé au plafond. Il y a eu des réactions, même un communiqué syndical commun qui dénonçait la marche forcée. Et puis finalement le 7 mars, j'étais à Périgueux où était jugé l'assassin de deux inspecteurs du travail (2 septembre). Le conseil des ministres avait bien promulgué la loi qui n'était pas applicable tout de suite (JO du 12 mars. Chirac était coutumier du fait. L'application des modifications du Code du travail entre en vigueur pour la partie législative le premier octobre et pour la partie réglementaire, une grosse partie évidemment, en cours de finition, applicable le premier mars 2008. C'est vous dire que le changement est d'importance, sous le secret, le mensonge, le silence effrayant des médias. On me dira qu'il n'y a pas tellement de changement que cela, que c'est de la simplification, qu'après tout il faut juste réécrire … Eh bien non ! ils ont doublé le nombre d'articles, mais par contre ils ont fait des opérations inouïes. Ils ont transformé500 lois en décrets, c'est-à-dire qu'ils n'ont plus besoin ensuite de passer par le parlement pour les virer du code. Par exemple, la question de la durée du travail, c'est une question qui depuis le XIX ème siècle est liée à la santé du travailleur. Elle était donc au chapitre Conditions de travail, ils l'ont mis au chapitre Salaires. Il n'y a donc plus de rapport entre la santé et la durée de travail ! Un deuxième exemple, le contrat d'apprentissage était un Contrat de travail, ils l'ont mis dans la partie Formation professionnelle, ce qui va changer beaucoup de droits. Un troisième exemple, le droit de grève était un droit constitutionnel, d'ordre public et social. On ne peut pas le négocier puisqu'il s'applique à tous. Eh bien ! ils l'ont mis dans la partie Négociations collectives. Donc cela pourra au niveau de l'entreprise servir de monnaie d'échange ! Cela permet donc de négocier un droit qui est constitutionnel et donc non négociable ! Pour la partie Inspection du travail, on était assuré de son indépendance (garantie par l'OIT, convention 81). Là, on est placé dans le chapitre Administration du travail. Notre tâche était d'alerter les pouvoirs publics sur le sort fait aux salariés, pas de servir la politique des gouvernements en place ! Ce ne sont que quelques exemples, mais je pourrais en donner plus. On me dit qu'il y a des choses obsolètes dans le Code du travail, qu'il faut changer. Un exemple : il est prévu des chambres d'allaitement dans les entreprises de plus de 300 personnes … Il y a toujours eu des journalistes pour me dire que ça n'existe plus … On peut en discuter, mais il y a dans ce texte, un petit alinéa qui stipule qu'en cas de non présence de ces chambres, la personne peut bénéficier d'une heure par jour (en accord avec l'employeur) pour allaiter son enfant jusqu'à l'âge d'un an. C'est cela qu'ils veulent faire sauter, des petits droits de ce type qui vont être balayés. J'ai déjà vu à Virgin une déléguée du personnel qui voulait allaiter son enfant. Il a fallu intervenir à plusieurs reprises pour que ce droit soit respecté. Dans le Code du travail il y a dix |
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