Les prisons existent pour que ceux qui sont dehors croient être libres ...

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Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs

Cliquez pour agrandir l'image  Publié mercredi 6 février 2008 sur Rebellyon: http://rebellyon.info/article4928.html



    En soutien à la famille et aux proches du jeune de 16 ans mort au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu, en soutien aux détenus, devant l'échec total des prisons pour mineurs, venons manifester à Meyzieu ce samedi 9 février 2008 : rendez-vous à 15h30 devant la mairie.


Le vendredi 25 janvier, à la nouvelle prison pour mineurs, appelée pudiquement EPM (Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs) à Meyzieu, dans la banlieue de Lyon, un jeune détenu met le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Malgré ce sérieux appel au secours et malgré les avertissements d'éducateurs extérieurs indiquant clairement que la place de ce jeune n'était pas en prison, la juge des enfants a décidé récemment de prolonger encore son emprisonnement. Huit jours plus tard, il est retrouvé mort, pendu au système d'aération de sa cellule.

L'administration pénitentiaire, redoutant une nouvelle explosion au sein de la prison, décide alors de camoufler cette mort pendant tout le week-end. L'info finit pourtant par sortir le lundi 4 février et provoquer dès mardi quelques remous politico-médiatiques.

Les EPM, qui avaient été médiatisés bruyamment comme des prisons "humaines", "éducatives", "conviviales" se sont révélées depuis leur ouverture un désastre aussi glauque que prévisible : intervention brutale de milices de super-matons cagoulés (ERIS) pour mater les jeunes détenus, pédagogie du remplissage frénétique pour occuper et observer les jeunes en permanence sans leur laisser d'espaces de repli, déprime et protestations des personnels contractuels et des matons ayant conservé un recul critique ou tout simplement flippés par la situation, obstination des bureaucrates d'une structure ultra-hiérarchisée malgré la tension qui grimpe...

Face à ce désastre, les jeunes détenus se révoltent par des mutineries, (destruction d'une partie des locaux de Meyzieu quelques jours après l'arrivée des détenus), hurlements entendus par le voisinage, rébellions quotidiennes et évasions (comme récemment à la prison pour mineurs de Marseille) ou beaucoup plus tristement ici par des voies de fuite individuelles et suicidaires. Mais après s'être tant vanté de ses solutions miracles à la délinquance des jeunes, l'État s'efforce maintenant de camoufler les cadavres...

Nous appelons à un rassemblement contre ces structures d'enfermement pour mineurs

                                        le samedi 9 février


Rendez-vous à 15h30 devant la mairie de Meyzieu pour aller jusqu'à la prison pour mineurs dans le quartier du Mathiolan

  • pour apporter un soutien à la famille et aux proches de ce jeune mort le 2 février au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu ;

  • pour apporter un soutien aux détenus et à leurs familles ;

  • parce que nous pensons qu'il est crucial de visibiliser ce qui se passe réellement dans ces prisons.

Nous appelons à des rassemblements similaires devant les EPM déjà ouverts ou encore en construction en France. Nous espérons rassembler dans ce sens tout ceux qui s'insurgent contre les politiques sécuritaires actuelles, la répression policière et l'enfer des prisons françaises. Rappelons à ce titre que le type de décès survenu à Meyzieu, suicide maquillé ou non, est relativement fréquent en France dans les prisons classiques.

Le rassemblement de samedi est aussi un appel à se montrer solidaire avec tout-es celles et ceux qui pourraient connaitre les geôles de l'État pour leur engagement anti-carcéral.

Quelle opposition à l'enfermement des mineurs ?


Depuis l'annonce en 2005 de la construction de ces EPM, une opposition aux formes multiples s'est structurée en France : constitution de collectifs unitaires d'éducateurs et militants syndicaux, occupations des arbres du chantier de l'EPM d'Orvault, neutralisation de machines pour retarder l'avancée des travaux, manifestations... Récemment, un des principaux syndicats d'éducateurs, la FSU, a relancé un appel à l'insoumission et au refus de travailler dans les EPM afin d'espérer bloquer le fonctionnement de ces structures. Des professeurs de l'enseignement public ont aussi refusé d'y intervenir.

Des prisons pour mineurs... aux politiques sécuritaires


En 2004, Le gouvernement avait annoncé la construction de 7 "établissements pénitentiaires pour mineurs" de 13 à 18 ans. Ils étaient censé offrir 420 nouvelles places d'incarcération s'ajoutant aux 850 existantes dans les quartiers pour mineur.es des prisons. Quatre d'entre eux sont déjà ouverts à Nantes, Marseille, Lyon et Toulouse, les autres sont encore en construction. Dans le même sens, le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) et de centres éducatifs renforcés (CER) est en train de s'accroître.

Ce renouveau des structures d'enfermement des mineur.es s'inscrit dans un renforcement sécuritaire généralisé : création de nouveaux délits et abaissement de la responsabilité pénale pour les mineurs, peines plancher et rétention de sûreté, généralisation du fichage ADN et de la vidéosurveillance, du contrôle biométrique dans les écoles, harcèlement constant de la BAC dans les quartiers populaires et rafles d'étranger.es dans les villes... Tout cela se mettant en oeuvre avec une pression industrielle énorme puisque bon nombre d'entreprises misent aujourd'hui leur essor économique sur l'écoulement de produits high-tech de contrôle social.

En plein boom depuis septembre 2001, omniprésente à la télé et au centre de tous les enjeux politiques, la propagande sécuritaire déchaîne la peur des autres et cherche à soumettre à la domination économique et sociale en divisant la population. Il s'agit maintenant pour l'État de désigner des délinquant.es dès le plus jeune âge et de les punir. L'objectif est de mater les classes défavorisées dans une société où l'absence de perspective de vie épanouissante et la violence des inégalités nourrit logiques de survie, frustrations rageuses et encore régulièrement quelques sursauts de révolte collective.

Comptant sur un oubli du bilan désastreux des bagnes pour enfants et autres formes d'enfermement du passé, l'État voudrait convaincre du bien fondé et de la modernité des EPM. Nous affirmons pour notre part que l'on ne construira pas un monde plus vivable en enfermant, brisant et torturant des individu.es. La prison instaure la punition en système, elle existe pour préserver l'ordre établi. Elle est un supplice qui, malgré tous les discours de rénovation et de réformes, reste essentiellement dégradant et humiliant.

Face aux prisons, construisons des solidarités et des insoumissions

Provoquons ensemble la fermeture des prisons pour mineurs, CEF, et l'arrêt du programme de construction de ces murs de la mort


                    Contre toutes les prisons !



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  Surpopulation en milieu carcéral

Cliquez pour agrandir l'imageC'est au retour d'une table ronde concernant la surpopulation en milieu carcéral, que je décide de vous faire part de ces quelques réflexions.
Cette table ronde non militante s'est contentée de faire un exposé relativement compatissant sur l'état désastreux de notre système pénitentiaire, d'apporter des chiffres et des ratios pour confirmer l'exagération de cette surpopulation , (ce qui n'est d'aucune nécessité dès lors que l'on franchit l'enceinte d une prison et que l'évidence se passe de statistiques ), pour faire bonne mesure furent également évoquées les alternatives possibles à l'enfermement.
C'est pourquoi je peux vous dire de source officielle que le nombre de détenus transitant par les prisons est de 85 000 par an, je n'ai pas pris la peine de noter les chiffres plus affinés qui tiennent compte de la saisonnalité et d'autres paramètres relevant du vocabulaire de marketing.
Par contre, il est intéressant de savoir que ce sont les maisons d'arrêt qui supportent la plus forte proportion et le plus grand pourcentage de la surpopulation ( les maisons d'arrêt retiennent des prisonniers en attente de jugement, des gens en détention préventive, des attentes de transfert suite de condamnation, des peines de courtes durées mais également des peines de plus longues durées ), alors que les centres de détention et les centrales seraient moins surchargées que les maisons d'arrêt, ceci étant évident du fait que ces dernières sont directement liées à la petite délinquance.
A l'écoute des intervenants, je constate que la préoccupation majeure du ministère en ce domaine est de gérer cette crise du logement, surtout en faisant fi des condamnations qui lui viennent régulièrement de la cour Européenne des droits de l'homme. Cette gestion se fait avec les moyens du bord , mais dans l'absence d'une véritable volonté de vouloir progresser dans une  politique de réforme , celle-ci passe donc simplement par la surcharge des cellules , ( trois à quatre personnes pour un espace à peine acceptable pour deux ) , par la création de nouveaux établissement financés par des fonds privés, mais également par des mesures qui laissent rêveur, entre autres l'utilisation de la grâce présidentielle du 14 juillet qui permet depuis plusieurs années de délester la population carcérale de cinq mille détenus par an, ce qui était une grâce est devenue aujourd'hui un outil de régulation systématique.
Cette surpopulation n'a pas que l'aspect de l'inconfort, et de la négation de la dignité humaine, mais elle se traduit également par des contingences beaucoup plus terre à terre voire l'impossibilité pour certaines installations de produire de l'eau chaude en suffisance, mais plus grave, telle la problématique de la réception des familles, au niveau des parloirs insuffisants et exigus, pire encore est la situation en ce qui concerne les parloirs avocats , car elle entraîne de fait un mauvais fonctionnement de la justice, un détenu qui ne peut préparer sa défense dans de bonnes conditions, est une situation qui devrait poser question aux épris de la justice républicaine.
Pour compléter cet état des lieux catastrophique, la transition est toute prête pour évoquer les peines de substitution en tenant le double langage
de la nécessité de la peine et de l'humanisation de celle-ci, héritage d'une bourgeoisie catho bien pensante, ainsi sont évoqués le port du bracelet, les libertés surveillées, les libérations conditionnelles …
Il est bon d'assister à de tels colloques ( qui pourtant prônent des idées qui se voudraient avancées ) pour se rendre compte que la seule réflexion qui en ce domaine tient la route est bien la pensée, l'idéal, l'utopie Libertaire !
En effet si  la démarche classique est de vouloir trouver sans crédit et sans moyen des astuces pour réguler le flux des condamnés, jamais la question se pose, quelles sont les actions qui pourraient être menées en amont ? Voire même quelles sont les raisons de ce déferlement de détenus ?
Alors intervient la plus grande des hypocrisies, on passe sous silence l'identification de ce surcroît de délinquance et de détenus, quand il s'agit de trouver des solutions aux problèmes, alors que la même analyse sera profondément développée et mise en exergue quand il s'agit de faire monter la haine à des fins électorales !
Si malheureusement nous avons bien le même constat que la droite fasciste à savoir que la masse des petits et moyens délinquants est bien issue des quartiers, du chômage, de l'échec scolaire, de la précarité et de l'immigration, nos solutions ne seront pas axées sur la répression, le flicage, l'enfermement, la déshumanisation et enfin  la préparation à une récidive de 80% au moment des libérations, récidives qui seront toujours plus violentes que les raisons des condamnations primaires. ( Ce qui prouve bien qu'il n'existe pas de rédemption par la punition ).
La volonté des gouvernements n'est pas d'enrayer cette situation qui leur permet de justifier l'insécurité ainsi qu'une surveillance qui déborde largement du cadre de la délinquance , pour s'intéresser aux opposants politiques ou syndicaux, éternelle reprise des vieux classiques toujours d'actualité, gouvernements qui ne font pas même l'effort des faux semblants de la prévention qu'ils auraient pu développer, comme ils en ont la science dans le domaine de la prévention routière ou du tabagisme ce qui permet entre autres de pouvoir davantage verbaliser ou taxer toujours plus au nom d'une certaine vertu citoyenne .
Par contre en matière de délinquance le problème ne se traite pas de manière individuelle, mais collective …
Les causes profondes nous sont bien connues :
  • Urbanisation des quartiers
  • Chômage
  • Égalité des chances en matière de réussite scolaire
  • Ségrégation raciste
  • Précarité
Sont les sources de 85%  de l'incarcération des adultes et de près des 100% pour les mineurs.
C'est volontairement que je n'aborde pas le cas des 15% d'adultes pour qui la détention est la substitution des traitements psychologiques ou psychiatriques dont ils devraient pour la plupart dépendre, mais cela est encore un autre débat .
La conclusion à cette réflexion, conclusion qui n'engage que moi, est que rien ne peut évoluer dans le domaine pénal et pénitentiaire, dans une société qui refuse les évidences et qui génère le mal par lequel elle se fait ronger, seuls les Libertaires peuvent apporter dans la refonte d'une société égalitaire, la justice sociale.

Maurice du groupe LES ENRAGÉS

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  Un poids, mille mesures

Cliquez pour agrandir l'imageArticle du monde libertaire n°1467 du 1 mars 2007

SERAIT-IL OSÉ D'AFFIRMER, dans les colonnes du Monde libertaire, que quatre ans après sa condamnation pour complicité de crimes contre l'humanité, la libération de Maurice Papon, en 2002, fut une bonne chose?

Assurément, non.

D'abord parce qu'anarchistes, l'idée même de la prison nous est intolérable. Ensuite parce que, tout compte fait, encager un vieillard en réponse aux crimes contre l'humanité, précisément, eut été une façon malheureuse de poser voire de prétendre résoudre un affaire de cette nature.

Les occasions comme celle-ci sont rares pour que la justice, quand tous les regards convergent vers elle, prenne un soin particulier à astiquer ses lettres de noblesse.

Dans cet ordre d'idées, après avoir attendu une petite quarantaine d'années pour inculper Maurice Papon, et une petite quinzaine d'années pour entamer son procès, nos magistrats intègres avaient fait un bon début en ne prononçant « que » dix ans de réclusion pour l'ex-préfet de la Gironde, convaincu d'avoir scrupuleusement aidé les Nazis à assassiner quelques milliers de Juifs, entre autres saloperies.

On condamne à la peine perpétuelle pour moins que ça.


Il était sans doute encore un peu tôt pour aborder les massacres d'octobre 1961 et de février 1962, en plein Paris, accomplis par les forces aux ordres de M. Papon, préfet de police. Mais, en imaginant (soyons fous) que ce double scandale, encore soigneusement escamoté par l'État, ait été jugé, il est a peu près certain que les criminels auraient bénéficié d'une certaine clémence.

On aurait prononcé des peines symboliques.


On aurait épargné la prison aux grabataires en raison de « l'incompatibilité de leur état de santé avec la détention» et de la loi Kouchner dont Papon, impotent notoire, a pu profiter avant de quitter d'un pas assuré la prison de Fresnes.

On aurait préféré, en somme, la vérité sur cet épisode tragique de l'histoire des hommes, a la vengeance judiciaire.

Toute spéculation bue, il faut reconnaître qu'à l'égard de M. Papon, la justice a fait preuve d'un rare sens de l'humanité.

De là à faire une généralité d'un cas très particulier, il y a un gouffre. Un gouffre? que dis-je? Un abîme!

Un abîme dans lequel pourrissent les milliers de condamnés anonymes qui n'ont pas eu l'honneur de servir l'État, qui a l'occasion, ont eu l'impudence de se dresser contre lui.

Maurice Papon est mort après une retraite plus ou moins paisible, loin des hauts murs et, quoi qu'il en soit, sans remords ni regrets.

Pour les prisonniers d'Action directe, qui ont déjà purgé leur peine de sûreté et s'accrochent aux barreaux depuis vingt ans, la question de leur libération n'est pas à l'ordre du jour. Quels que soient leur état de santé et les pronostics vitaux engagés pour tel ou tel d'entre eux. Nathalie Ménigon, gravement malade, achève de pourrir dans une geôle du pays des droits de l'homme. Joëlle Aubron, rongée par le cancer, a eu la faveur de pouvoir mourir en liberté surveillée, quelques mois après son élargissement.

Tous n'en finissent pas de demander une libération conditionnelle et d'interroger la justice de ce pays sur la signification profonde de ce qu'il faut bien appeler un acharnement pénal.

D'une manière générale, les alertes pleuvent sur l'état de santé de la population carcérale et tous les observateurs, qu'ils émanent des institutions (Sénat), de services officiels (inspections générales des affaires sociales et des affaires judiciaires) ou d'organisation non
gouvernementales (Observatoire international des prisons), font état d'une augmentation dramatique du nombre de détenus malades, physiquement et/ou mentalement atteints. Le garde des Sceaux fait la sourde oreille. Le ministre de la Santé hausse les épaules. Avec une constance froide et patiente, les prisons continuent de broyer la matière humaine.

Au nom de la sécurité (laquelle?), le marteau s'abat de plus en plus durement sur la tête de ceux qui ont le malheur de visiter, menottes aux poings, les palais de justice.

Certains délits qui hier n'étaient pas passibles de l'enfermement, le sont désormais. Les peines s'allongent. Les libérations conditionnelles sont accordées au compte-gouttes.

Toujours plus d'hommes, de femmes, de mômes (pour lesquels on aménage ces « centres fermes », misérable euphémisme pour nommer les prisons pour enfants) sont déversés dans ces dépotoirs cadenassés, pour y stagner et dépérir. Et, pour toute perspective, une fuite en avant vers la construction de nouveaux centres de détention, ou encore la sophistication des moyens de surveillance.

Il y a un peu plus d'un an, quelques détenus condamnés aux longues peines réclamaient, depuis la tristement célèbre prison de Clairvaux, leur mise à mort. Pour que cesse enfin l'hypocrisie d'une justice qui prétend favoriser le retour des condamnés à la vie sociale et qui, en réalité, empile toujours plus de pierres autour de ces emmures vivants. À cette
provocation désespérée, M. Clément, le mal nommé, a cyniquement répondu:
« Qu'on les prenne au mot et on verra combien se présenteront pour être exécutés. »

Sont-ils complices de crimes contre l'humanité?


Non.


L'État français l'est bien davantage, lui qui guide aussi assurément ses prisonniers vers la dégradation physique, la folie, et le suicide.


A. S.

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  Prison surpopulation...mon cul ! Exploitation, esclavage...oui !

Cliquez pour agrandir l'image mardi 26 septembre 2006, 15:42

2006 : LES PRISONS FRANCAISES RISQUENT D'EXPLOSER A CAUSE DE LA SURPOPULATION :

L'ENTASSEMENT INCITE AU SUICIDE (122 personnes en 2005) ET VIOLE LE CODE DE PROCEDURE PENALE (articles 716 et 719 - D.83 à D.85 et D.95).

Le traitement des personnes détenues est totalement inhumain, dégradant, et rejoint les conditions de l'esclavage, pourtant aboli par la France en 1848.



Les entreprises privées ont vu une manne financière dans le milieu carcéral pour fourguer leurs produits de merde et leur esclavage moderne.

à l'extérieur des prisons,

le contrôle social et policier s'est durci et renforce l'isolement de chacun.

à l'intérieur des prisons,

la sacro-sainte loi du marché s'ajoute à la conception judéo-chrétienne de pénitence.
Le prisonnier doit non seulement payer pour sa faute mais aussi payer son incarcération et être une source de profits. 

Quelles sont les différentes fonctions de ces entreprises privées au sein des établissements pénitentiaires ?

Tout d'abord la restauration, Sodexho détient  le quasi-monopole de la restauration collective (cantines d'entreprise, d'école, de lycée, prisons etc) et il n'y a qu'à voir la tête que font les gones sur le chemin de la cantine pour comprendre la qualité des repas.
En prison, la composition et la quantité des repas peuvent être modifiées à la demande du chef d'établissement, ce qui devient un outil supplémentaire de pression au sein d'une prison. La barquette a remplacé l'écuelle, la qualité des repas, elle, n'a pas changé et oblige bien souvent les prisonniers à cantiner.

Cette deuxième fonction est elle aussi assurée par ces mêmes entreprises. « Si la merde qu'on vous sert au repas ne vous suffit pas, vous pouvez toujours nous l'acheter ! » C'est un véritable racket que font ces entreprises privées en obligeant les prisonniers à acheter de la nourriture jusqu'à 4 à 5 fois plus cher que dans le commerce.
Mais comment cantiner sans ressources financières ? Heureusement que ces mêmes entreprises privées sont là pour fournir un travail dont le salaire est aussi frugal que leurs repas, d'autant qu'elles ont tout à y gagner : l'AP ne fait pas payer l'utilisation de ses locaux, les entreprises sont exonérées de charges sociales, les rémunérations sont calculées au minimum et le droit du travail n'est pas appliqué.

Quelles sont les rémunérations du travail en prison ?
Les rémunérations devraient en principe se rapprocher « autant que possible » de celles pratiquées à l'extérieur, afin notamment de « préparer les détenus aux conditions normales du travail libre ». En réalité, elles sont trois à quatre fois moins importantes que les salaires extérieurs. Selon l'administration pénitentiaire, les rémunérations mensuelles en 2002 s'élevaient en moyenne à 354,92 € nets en concession dans le parc pénitentiaire classique, 354,61 € nets en concession dans les établissements à gestion mixte, 455,34 € au service de l'emploi pénitentiaire (anciens ateliers RIEP), 178,53 € nets au service général. Mais ces chiffres ne traduisent pas le niveau réel des rémunérations, car ils ne tiennent pas compte des périodes d'inactivité, pourtant fréquentes en détention. Les rémunérations des détenus classés au service général sont fixées suivant un tarif préétabli par la direction de l'administration pénitentiaire. Pour le travail en concessionnaire ou pour le compte d'une association, la rémunération est fixée par une convention passée entre l'administration pénitentiaire et la société privée ou l'association. Le chef d'établissement apprécie l'écart pouvant être admis par rapport aux salaires extérieurs, « compte tenu des conditions d'organisation du travail dans l'établissement et des caractéristiques générales de la population pénale (niveau de formation, rythme de travail) ». Toutefois, la rémunération mensuelle en production ne peut être inférieur au SMR (seuil minimum de rémunération) qui s'est substitué depuis le 1er janvier 2002 au SMAP (salaire minimum de l'administration pénitentiaire). Le SMR est réévalué tous les ans au 1er janvier en fonction de l'évolution du SMIC. Le taux horaire minimum était ainsi fixé pour l'année 2002 à 2,87 € en maison d'arrêt et à 3,11 € en centre de détention. Ces taux horaires doivent également servir de référence aux établissements de gestion mixte. Sur ces rémunérations brutes, l'administration prélève les cotisations sociales (URSSAF, CSG, CRDS) pour les reverser aux organismes de recouvrement.


Comment sont versées les rémunérations ?
Les rémunérations pour tout travail effectué par un détenu sont versées à l'administration pénitentiaire. La rémunération nette est ensuite inscrite sur le compte nominatif du détenu et répartie : 10% sont mis de côté pour constituer un pécule de libération, 10% sont destinés à l'indemnisation des parties civiles et des créanciers d'aliment et 80% sont placés sur une part disponible.

La main-d'œuvre carcérale devient si compétitive que les entreprises hésitent même à délocaliser dans le tiers monde.


De plus, pour l'administration pénitentiaire, le travail carcéral est un facteur supplémentaire de pression, de séparation entre prisonniers, et de chantage, c'est elle qui décide si tel ou tel travaillera. Qui ferme sa gueule, accepte la détention et sa peine, pourra être classé donc gagner quelques miettes et espérer quelques aménagements ; qui ouvre sa gueule, se rebelle et refuse le système carcéral sera déclassé et réduit au minimum. L'hypocrisie des entreprises privées va jusqu'à affirmer que le « travail en prison constitue un élément d'équilibre de la détention car il permet au détenu de ne pas rester inactif, d'organiser sa journée, de se responsabiliser et d'être mis dans une situation de production proche d'une situation habituelle de travail à l'extérieur ». Il est question de paix sociale et ils pourraient ainsi rajouter à l'entrée de chaque taule, sous le fameux triptyque de la République, que le travail rend libre(Arbeit macht frei), croyance absurde et nauséeuse .
Les mêmes entreprises privées sont prestataires de formations professionnelles, assurant ainsi leur vivier de main-d'œuvre corvéable, parvenant à créer une « chaîne continue entre formation professionnelle, travail en détention et travail à la sortie ».
Les autres prestations concernent la maintenance (fourniture et entretien du mobilier), l'hôtellerie (fourniture en linge), le transport et le nettoyage. Ces entreprises privées prennent part à l'ensemble de la « vie » des prisonniers, fonctionnant en vase clos, réglant leur quotidien horrible.
Je te nourris;
Je t'habille;
Je t'exploite;
Ils te surveillent;
Tu me rapportes.
La gestion mixte à toutes les futures prisons démontre non seulement la rapacité de ces sociétés avides de profits et de plus-values mais aussi la logique de l'état, qui permet ces nouvelles constructions. En effet, la meilleure façon de rendre possible l'existence matérielle de ces nouvelles taules et leur multiplication, c'est de les rendre rentables pour les entreprises et à moindre coût pour l'état. Ainsi, la justification économique sert d'atout supplémentaire pour faire intégrer petit à petit la nécessité d'augmenter les places de prison. Les prisonniers réduits à suer sang et eau (l'enfermement plus l'esclavage moderne) n'ont comme avenir que d'être les proies de ces PDG vampiresques à moins que…

...dedans comme dehors, le refus de l'exploitation et l'idée de grève générale ne fassent leur chemin.



Le pouvoir justifie encore l'existence des prisons par son rôle de rééducation. Plus personne n'y croit aujourd'hui, pourtant on écarte ouvertement et sans scrupule les prétendus déviants. Les prisons n'ont jamais été aussi pleines, les peines, si lourdes. On brandit le spectre de l'insécurité, les méchants pédophiles et les serial killer, pour que chacun accepte que les prisons soient remplies de petits voleurs et revendeurs, de ceux qui n'ont pas les moyens d'y échapper, de ceux qui refusent de se soumettre.

Au nom des lois, l'état assassine et enferme.


Si la prison écarte les éléments décrétés nuisibles à l'ordre public, elle est d'abord construite pour « enfermer » ceux qui sont dehors et maintenir l'autorité en place. Elle plane comme une menace permanente sur nos têtes. La prison est ce qui nous empêche chaque jour de vivre librement. La prison nous sépare de ce dont nous avons besoin, la prison nous envoie au salariat, dans les colonies pénitentiaires des patrons, la prison nous sépare par nationalités, par genres, par différences de pouvoir financier, la prison est là quand on voudrait se rebeller.
Il y a de multiples formes de punition, mais toutes renvoient en dernier lieu à la prison.
Il est urgent d'abolir la prison.
Nous ne sommes pas pour infliger une autre forme de punition qui la remplacerait dans son rôle de maintien de l'ordre social.

Nous rêvons un monde d'où disparaîtraient l'idée de punition et les valeurs morales imposées par un corps social dominant, un monde où règnerait la libre association entre individus.

Le contrôle social est omniprésent à l'extérieur, dans les rues et à l'école, en famille et au travail, dans les gares, dans la consommation, le spectacle......
Chaque aspect de notre existence nous rappelle à l'ordre et trouve son point culminant dans la prison. Toutes ces prisons maintiennent la dépendance et la soumission à des valeurs marchandes. Les délits n'existeraient pas sans la violence d'état, le salariat, les inégalités sociales, la propriété privée, le patriarcat, la misère sexuelle et la marchandisation de chaque aspect de nos vies.

Il est clair que l'abolition de la prison va de pair avec la destruction du capitalisme.


depuis la loi Chalandon la construction des prisons est réalisée par des entreprises privées et l'état a paye leurs travaux ainsi que le fonctionnement de celles-ci.
L'état a donc tout intérêt à surcharger les prisons pour rentabiliser son investissement.
Les entreprises privées ont elles aussi un intérêt certain à la surpopulation des prisons pour avoir plus de « clients ».

Camarade, amoureux de la liberté, toi qui penses aller voter pour élire un nouveau maître, c'est aussi pour maintenir cette politique que tu voteras.


A  gauche et à droite c'est le même plat avarié de la politique sécuritaire qui nous est servi par les Le Pen, Sarkozy, Royal, Buffet et autres empoisonneurs de cerveaux.


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Être refus être rebelle
Cesser de fuir la vérité,
Briser le marbre des autels
Du sacrifice des opprimés,
Ne plus penser que la terreur
L'intolérance et les prisons
Soient les remèdes à la peur,
Et faire appel à la raison.

NON

Construire des prisons pour enrayer la délinquance, c'est comme construire des cimetières pour enrayer l'épidémie.

Rolland Hénault

OUI, bien sûr, les très méchants, ceux qui massacrent, détruisent, torturent, tuent... doivent être mis hors d'état de nuire. Oui, bien sûr...
Pour autant, la prison est-elle la bonne réponse à ce désir légitime de sanctionner et de mettre hors d'état de nuire. Dans ce livre, l'auteur nous brosse les portraits d'une trentaine de prisonniers. A travers chaque histoire particulière, c'est toujours la même histoire qui revient. Celle du quotidien d'un enfermement visant à humilier et détruire les prisonniers et leurs familles.
A l'heure du désir sécuritaire, actuel, il était logique que ce livre qui prône l'abolition de la prison ait obtenu le grand prix "Ni dieu ni maître" 2006.

2006
140x210 mm, 197 pages, 
isbn : 2-914980-36-1
12 €


Extraits du livre:
...«La délinquance et le crime sont voulus et rendus indispensables au fonctionnement de la société. Ils font partie intégrante de l'économie »...
...« Tout le reste relève d'une révolution dans les mentalités, c'est-à-dire d'une révolution tout court. Le seul problème est de savoir s'il est encore possible de faire cette révolution, sans faire appel à la violence révolutionnaire»...

Quelques liens sur les prisons

Informations sur des prisonnier(e)s politiques

Ban public

Infokiosques page sur les prisons

L'envolée


Nous sommes solidaires avec les détenus belges qui militent contre leurs conditions
extrêmes, et qui se font tous appeler "Ringolevio"

NOUS SOMMES TOUS DES RINGOLEVIO,


HALTE A LA TORTURE DANS LES PRISONS BELGES !

Écrire aux anciens membres d'action directe


Joëlle Aubron, libérée le 16/06/04, est décédée le 1er mars 2006 atteinte d'une tumeur du cerveau.

Nathalie Ménigon
  • Nathalie est hémiplégique suite à de nombreuses attaques cérébrales -
PARIS (AFP) - La chambre d'application des peines de la cour d'appel de Paris a accordé jeudi un régime de semi-liberté à compter du 2 août 2007 à Nathalie Ménigon, ancienne du groupe armé d'extrême-gauche Action directe (AD), condamnée à la réclusion à perpétuité et incarcérée depuis 20 ans.

Georges Cipriani
4364/1239
M. C. d'Ensisheim
49, rue de la 1ere armée
68190 Ensisheim
  • Georges est au quartier psychiatrique pour une grave dépression -

Régis Schleicher
9484
QI C.P. Clairvaux
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Jean-Marc Rouillan
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